Langage et Vérité


Langage et Vérité

par Élie Beauchemin

 

«Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde.»

                                                                                                Ludwig Wittgenstein (1889-1951)

 

Le langage est si intuitif, régulier, à la fois crucial mais d’une banale quotidienneté, que certains pourraient être spontanément portés à croire que son usage constitue une description du réel qui soit fidèle en tout point. De ce point de vue confiant, mais présomptueux, la vérité et son caractère universel s’accorderaient naturellement à la réalité langagière humaine et ses capacités. En revanche, l’étude de ces notions de langage et de vérité intrinsèquement liées laisse aisément dévoiler l’éventail des problèmes qu’elles soulèvent. Les mots traduisent-ils fidèlement et objectivement les choses qu’ils désignent ou se confondent-ils parmi les conventions et les circonstances? Est-il possible de «dire vrai»? Peut-on aspirer à décrire la réalité par le langage? Si oui, quelles en sont les conditions? Rapidement, la possibilité suivante apparait : la vérité pourrait être relative à l’usage particulier que nous en faisons, au grand dam de ceux qui lui confèrent la valeur d’être «absolue». De toute évidence, la pertinence des investigations philosophiques à l’égard du langage et de la vérité s’enrichit davantage lorsque nous les attaquons d’un angle «pratique». C’est pourquoi nous tenterons d’éclaircir ces interrogations quant au rapport «langage et vérité» par l’entremise de la perspective du pragmatisme; en déconstruisant l’idéal du langage comme parfait, absolu et intemporel, nous voulons aussi montrer que la vérité, dans la mesure où elle lui est indissociable, ne l’est pas plus. Ainsi, nous nous pencherons dans un premier temps sur la nature du langage comme «art social», puis nous étudierons dans un deuxième temps les thèmes du langage et de la vérité selon la conception pragmatiste, pour enfin, dans un troisième temps, tenter d’élucider certains des problèmes épistémologiques qui concernent ces notions et les liens qui les rattachent.

Nouveaux horizons sur le langage

Évidemment, la philosophie du langage est une source de réflexions potentielles d’une richesse inouïe, elle reste toutefois, la plupart du temps, indissociable de la philosophie de la connaissance; ce présent travail ne fait donc pas exception à la règle, ce qui y est montré touche forcément à ces deux disciplines. Le langage régit quotidiennement la vie des individus et des communautés, jusque dans la façon dont ils pensent, il va sans dire que la notion est majeure. Aussi, la philosophie fait usage des mots, elle pense avec les mots, se pencher sur le langage pour s’y interroger, c’est alors mettre en question ce qui supporte toute la pensée et l’interaction entre les humains. Or, ce langage peut-il être le support d’une description parfaite de la réalité? Autrement dit, peut-il porter en lui la «vérité»? La question implique de nombreux champs, et il importe d’en tracer les contours.

D’emblée, c’est par l’approche pragmatique que nous nous proposons d’explorer ces thèmes et de montrer ce qui entre véritablement en jeu dans l’usage du langage. Manifestement, cette approche fait rupture avec la tradition dans le sens où elle conçoit avant tout le langage et ce que les humains en font selon la nature de l’interaction concrète entre les interlocuteurs, mais c’est surtout sur le contexte que nous devons insister: c’est par interaction dans un contexte donné que les individus construisent en coopération un langage. Énonçons d’abord «une définition intégrante: la pragmatique aborde le langage comme phénomène à la fois discursif, communicatif et social. Le langage est conçu par elle comme un ensemble intersubjectif de signes dont l’usage est déterminé par des règles partagées. Elle concerne « l’ensemble des conditions de possibilité du discours » (François Armengaud, 2007). Nous voyons donc déjà dans quelle mesure la perspective pragmatique nous amène à entrevoir le langage comme quelque chose de social, prenant racine dans les conventions. Il apparait ainsi que le contexte et l’usage, en dehors de la rigidité de la syntaxe et de la grammaire, soient effectivement indispensables à notre compréhension de ce qu’est le langage. De fait, il s’agit d’exposer comment une large portion de l’activité du langage consiste en réalité à prendre un recul pour situer sa parole vis-à-vis de celles des autres. Dans le concret, il est évident que le contexte est nécessaire, par exemple, si quelqu’un vous rapporte une partie des propos tirés d’une conversation qui était privé, il ne vous apparaisse que de façon isolée, désincarnée ; ils gagnent généralement ainsi en ambiguïté. Le langage apparait donc comme était relatif à celui qui en fait usage. Il semble donc raisonnable d’affirmer qu’il y a un lien entre l’explication du contexte et la compréhension du langage dont il a été usage.

De fait, les raisons de cette approche s’identifient notamment au fait que des phrases avec leur signification établie par la sémantique sont souvent utilisées pour communiquer des informations qui ne sont pas explicites dans cette signification littérale, nous parlerons donc d’implications de nature conversationnelle. Un énoncé se voit attribué son sens par le rôle et la position qu’il occupe dans la continuité d’une conversation. Prenons un exemple, vous proposez à votre femme d’aller manger au restaurant, cette dernière répond : «J’ai un rendez-vous chez le docteur dans 20 minutes», vous saurez évidemment que cette réponse fait office de refus, même si ce n’était pas expressément mentionné tel quel. Ce qui nous intéresse, c’est que l’approche pragmatique entre en opposition avec le courant traditionnel qui celui qui désirait à tout prix trouver des valeurs de vérité dans les phrases. En effet, nous voulons montrer que ce n’est pas les mots, la phrase, mais «l’énoncé» qui est le fondement du rapport entretenu entre le langage et le monde, la réalité. Ensuite, à travers ce rapport langage-monde, il ne s’agit pas de poser des faits direct, absolu et objectif, il s’agit à l’inverse, souvent, de témoigner des attitudes quelconques et de mettre en lumière des problèmes. Ensuite, l’approche pragmatique nous montre que le langage n’agit pas seulement comme manière de «référer au monde», mais qu’il implique essentiellement un rapport à autrui, un contexte. (Michael Totschnig, 2000) Dès lors, nous pouvons apercevoir, de loin, la pertinence des liens qui s’entremêlent à l’égard du langage et de ce fameux concept de vérité.

Le pragmatisme de Peirce

Dans la continuité de l’importance associée au contexte, nous voulons montrer ici, en évoquant brièvement la perspective de Peirce, que la communication et la pensée sont relative à la communauté dans lesquelles est prennent forme. Même si un acte de communication peut impliquer seulement deux personnes, il fait partie d’un processus social évolutif. (Michael Totschnig, 2000) Ce pour quoi l’homme pense, c’est en vue de sortir d’un état de doute pour fixer certaines croyances, et ces croyances sont indissociables des habitudes, elles guident nos désirs et déterminent nos actions (Charles Sanders Peirce, 1887, p.6). Un des éléments importants de l’approche pragmatique à l’égard du langage et de la vérité concerne la croyance, dans le sens où elle est définie comme une règle pour l’action, une base à partir de laquelle les humains qui se dotent d’elle peuvent agir, se mettre en acte. Pour Peirce, nous sommes naturellement portés à tenter de sortir de cet état qu’est le doute, nous voulons essentiellement éviter l’instabilité, c’est en cela que la croyance répond à ce besoin, elle apporte la paix de l’esprit et nous départit des inquiétudes. En d’autres mots, les croyances sont un guide pour l’action. Il est important de noter que nous faisons appel à la croyance pour résoudre un problème; la croyance devient une solution. C’est à partir du moment où nous atteignons un niveau de satisfaction à l’égard de ces problèmes et des solutions que nous y apportons que des modes d’action en découlent. Ce que nous voulons montrer ici, lentement, c’est que nous nous faisons des vérités, que les conceptions et les mots que nous avons sur un objet découlent d’effets pratiques. Pour Peirce, des croyances s’équivalent si elles ont les mêmes répercussions pratiques dans le monde, si elle mène aux mêmes actions, aux mêmes habitudes, et ce de par la validité pratique de la solution. De plus, ce qu’une pensée signifie se traduit directement dans la croyance qu’elle produit, toujours à la lumière de ce qui précède. Les croyances et les relations qui les tiennent sont ainsi jugées au moyen des conséquences matérielles qui les succèdent.

C’est l’observation de cas concret qui nous mène à comprendre les croyances, ce que nous signifions par nos croyances se traduit donc dans le sensible, dans la pratique. L’approche pragmatique, plus largement, se caractérise par l’importance qu’elle accorde à l’empirie; que ce soit pour la connaissance, la signification ou les croyances que nous avons, c’est dans l’expérience et la praxis que nos critères pour les établir prennent fondement. C’est d’ailleurs la méthode de découverte du pragmatisme qui semble alors devenir pertinente dans notre analyse du langage et de la vérité, c’est dans un examen de nos états contingents que nous apportons des réponses aux problèmes, que nous fixons les choses, les situations pratiques du quotidien deviennent donc le médium par lequel se bâtit ce que nous avons dans la tête. Ce bref survol de la pensée de Peirce veut nous montrer comment la réalité sensible est la seule réalité qui importe dans la considération de nos conventions, issues du contexte, de ces dispositions naturelles qui nous habitent, et que c’est par ces dernières que nous sommes guidés vers la connaissance que nous créons.

William James; problème, utilité et vérité

Comme nous l’avons vu, c’est l’énoncé qui est pertinent du point de vue de l’analyse, c’est par l’action du parler et du penser que le sens est donné à un mot, sa signification, ce sont les gens qui confère aux mots leurs caractéristiques, il y a une forte dimension tournée vers l’action; les conséquences sont pratiques. Ici, nous tenterons de voir comment William James, père du pragmatisme, peut contribuer à éclaircir à la fois notre réalité langagière et de la connaissance. Dès lors, selon lui, c’est l’usage qui constitue le critère prédominant à la définition que nous donnons aux choses. Ce que nous verrons dans cette partie, c’est avec davantage de précision comment l’approche pragmatique engendre une filiation directe entre le sens et l’usage.

Invariablement, James nous amène à nous questionner avant tout sur les conséquences qui résultent d’une croyance que nous adoptons. La thèse laissera peu d’entre nous indifférent; le concept d’une chose réside en fait dans ses conséquences, nous verrons même que c’est dans l’utilité, «l’instrumentalité», que le vrai est déterminé. Sous cet angle, la vérité d’une idée se vérifie dans nos expériences, elle sera dite «vraie» de façon instrumentale. En revanche, elle n’a rien d’absolu, car elle implique une gradation dans son instrumentalité, l’idée peut être jugée plus vraie si elle satisfait davantage sa relation de dépendance avec l’expérience, elle doit interagir avec le monde, c’est-à-dire que la vérité rendra compte de notre expérience. Évidemment, c’est idée contraste avec la conception traditionnelle ou, disons «intuitive» de vérité, mais William James montre comment la vérité peut ainsi être sociale, utile pour certains individus à un certain moment, comme le langage, elle rappelle le contexte comme étant primordial. Toutefois, une telle conception laisserait entendre que la vérité serait variable, selon les problèmes auxquels nous faisons face et les solutions qui nous sont les plus utiles.

«Qu’est-ce qu’un jugement vrai ? Nous appelons vraie l’affirmation qui concorde avec la réalité. Mais en quoi peut consister cette concordance ? Nous aimons à y voir quelque chose comme la ressemblance du portrait au modèle : l’affirmation vraie serait celle qui copierait la réalité. Réfléchissons-y cependant : nous verrons que c’est seulement dans des cas rares, exceptionnels, que cette définition du vrai trouve son application. Ce qui est réel, c’est tel ou tel fait déterminé s’accomplissant en tel ou tel point de l’espace et du temps, c’est du singulier, c’est du changeant. (Bergson Henri 1934, p.22)»

Parvenir à solutionné un problème, s’harmoniser avec l’habitude qui en résulte, ce serait donc ainsi que l’évolution de la vérité s’opérerait, selon nécessité et efficacité. Cela implique-t-il le relativisme? Autrement dit, il y aurait plusieurs vérités aussi bonnes l’une que l’autre dans la mesure où elle représente un bien pour ceux qui les adoptent? Est-il possible de discerner croyance et vérité, en ce sens où elles seraient toutes deux subjectives?

Nous voyons jusqu’à maintenant que l’application du pragmatisme chez James concerne directement le problème de la vérité. Nous pourrions d’ailleurs distinguer trois thèses générales propres à cette approche : d’une part, c’est que ce que nous appelons vérité est quelque chose d’humain. D’autre part, cette vérité varie, elle est diverse et n’est pas figée dans l’absolu. Enfin, la vérité n’est pas le calque d’une réalité fixe. Dès la naissance, nous bâtissons des croyances, des règles pour l’action, et si l’expérience passée permet de donner raison à l’adoption de ces croyances, rien ne nous empêche de dire qu’il s’agit de vérité. D’un point de vue plus scientifique, elles seront valables si elles permettent de faire des prédictions qui seront vérifiable dans l’expérience, si elle se conforme à la réalité du monde concret. Bref, la vérité est donnée dans l’expérience, elle sert de boussole aux humains à la recherche de stabilité pour mieux avancer dans la résolution de problèmes, dans leurs interactions avec les autres et le monde. Certes, c’est l’expérience qui prédomine, mais cela ne laisse pas pour autant l’aspect social de côté; la validité de la vérité sera souvent confirmée par la mise en commun et de l’accord des différentes subjectivités.

Tentons maintenant d’illustrer l’ambivalence possible dans cette conception de la vérité chez James. Jusqu’à maintenant, nous voyons que la vérité n’est pas quelque chose d’absolu, mais qu’en est-il de l’éventualité où un énoncé soit vrai puisqu’il est utile et rend compte de l’expérience mais qu’il soit faux objectivement? Tout nous porte à croire quotidiennement que le soleil se couche le soir et se lève le matin, c’est un énoncé qui a tout à fait du sens. Toutefois, nous savons maintenant que la terre tourne autour du soleil et non l’inverse, et que le soleil ne se «couche» pas en réalité, cela est une certitude acquise de l’expérimentation. Sous ce rapport, l’énoncé «le soleil se couche» apparait faux objectivement. Cependant, William James prend manifestement ses distances de l’«objectivité» en affirmant la vérité comme étant essentiellement instrumentale, ajusté à nos besoins d’être guidé. De fait, notre expérience quotidienne nous pousse à nous rallier derrière l’énoncé le soleil se couche, car il permet à la fois de rendre compte de ce dont nous sommes témoins et de solutionné des problèmes. En effet, la connaissance du moment du «coucher» du soleil, des variations annuelles de son heure de «lever», sont des éléments dont les hommes ont pu tirer de nombreux avantages pratiques. Ainsi, de la perspective du pragmatisme telle que défendue par James, il semble qu’un tel énoncé, au regard de ce qui a été dit, pourrait être à la fois vrai et faux. À l’échelle du contexte social, son degré de vérité varie, comme à l’échelle du point de vue scientifique. (Exemple tiré du cours de M. Marcos Bulcao Nascimento, 2016)[1]

Selon James, la vérité d’une idée ne réside pas dans la réalité de façon catégorie, et elle ne réside pas non plus dans l’esprit seulement : elle est la correspondance pratique entre de ce qu’un individu a en tête et la réalité qui constitue son monde à ce moment, selon ses besoins pratiques. La réalité environnante est donc une source d’expérience face à laquelle nous, humains, sommes voués à l’action afin d’organiser notre «vérité» d’après elle. C’est dans l’utilité et non dans l’éternité ou la perfection que des lois sont dites «vraies», elles sont des instruments qui favorisent le fonctionnement de la vie humaine. Sous ce rapport, nous pourrions dire que la réalité est en fait une pluralité de réalités devant lesquelles nous tentons de tracer des constantes, contraints de ne pouvoir réduire le monde à un ou quelques principes absolus. Pour enrichir la liaison entre la vérité et le langage, nous dirons que ce dernier n’est donc pas le reflet d’universaux ou d’intelligibles, c’est d’abord un outil qu’ont acquis les humains de manière à ce qu’il soit indissociable de l’action, on ne peut discuter de choses qui n’ont pas de résonnance directe et pratique dans le monde.

Bref, c’est selon les implications pratiques que sont déterminés langage et vérité, et c’est vers elles que leur usage est tourné. L’approche du pragmatiste est inévitablement révolutionnaire, car elle place l’intention, thème cher à la philosophie du langage, dans l’action. Le pragmatisme tourne le dos à l’idée de vérité absolue au profit d’une vérité qui se construit dans une démarche, ou une méthode, par laquelle nous expérimentons le monde. Les énoncés du langage sont qualifiés de vrais grâce à la confrontation des croyances au réel, mettant en lumière leur validité par l’entremise du monde social. En somme, la valeur de vérité que certains philosophes de la tradition ont voulu exposer dans l’absolu serait avant tout dans l’action et donnée par le monde, sans que ce monde soit supporté par une ontologie ou une métaphysique.

Globalement, l’interprétation que nous tirons de l’étude des thèmes en question nous amène à croire que la vérité n’est pas une condition «préalable» du langage ou de l’acquisition de savoirs, elle se révèle principalement dans les résultats de l’homme et son rapport au monde, sujette à ses besoins et à ce que les différents contextes leur fournissent, de telle sorte qu’elle n’est pas à scruter d’un point de vue omniscient; elle s’incarne dans la pratique.

Langage et évolution

La question du langage et de la vérité profite énormément des développements en science, il apparait pertinent de se pencher très brièvement sur le rôle qu’a pu avoir l’évolution sur les éléments en cause, ce sont effectivement des processus évolutifs qui ont fait l’humain tel qu’il est aujourd’hui, et il est fort intéressant de considérer le langage comme une acquisition de ce processus. Il y a toutes sortes de caractéristiques physiques qui, à travers l’histoire de l’évolution, font de l’homme un homme, nous n’avons qu’à penser à la main ou la position verticale. Toutefois c’est sans doute le cerveau qui laisse place aux réflexions les plus passionnantes, on peut vraisemblablement penser que la main, notre position et cerveau évoluent ensemble, et affirmer que les développements de ces aspects physiques ont mené à des développements qui sont psychologiques et comportementaux. L’idée essentielle est que le langage, comme la vérité, n’est pas atterris dans l’homme tel que nous le connaissons aujourd’hui soudainement, il s’inscrit dans la vaste histoire de modifications de l’environnement et du corps. En d’autres mots, le langage est une dimension majeure de ce processus évolutif de l’homme et son rapport au monde.

 

Somme toute, le   bagage et le contexte ont un rôle indispensable dans la signification. Certes, le monde extérieur n’existe pas en relation de dépendance par rapport à ce que nous en disons, mais l’idée que nous nous en faisons, elle, peut changer. En effet, c’est la conception du monde et les valeurs de vérité d’une société ou d’un individu qui varie selon ces facteurs. Cela renvoie d’ailleurs aux mots empruntés à Wittgenstein en guise d’introduction; force est de constater que notre monde et notre langage sont éminemment reliés, et qu’ils ne sont pas universellement les mêmes pour tous, partout et en tout temps. Nous avons montré comment le langage est un art social intimement affilié au contexte, comment Peirce et James parviennent à apporter des réponses potentielles aux problèmes de la vérité, puis comment les énoncés peuvent être moins fixés par une valeur de vérité que l’on pourrait le croire. Enfin, le fossé entre le vrai et le faux semble s’être amenuisé, et cela nous amène à nous demander si la vérité ne serait pas réductible, finalement, au relativisme. Bien entendu, cela mériterait que l’on y prête une analyse approfondie, notamment quant au lien possible ou non avec le pragmatisme et les éléments pertinents que l’on peut retrouver chez ses penseurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie

PEIRCE, Charles Sanders, The Fixation of Belief (Popular Science Monthly 12 (November 1877), pp. 1-15)

BERGSON, Henri. Sur le pragmatisme de William James : Vérité et réalité préface à l’ouvrage de William JAMES sur le Pragmatisme, traduit par E. LE BRUN (Paris, Flammarion, 1911).

ROBERT, Jean-Dominique. Le langage en contexte. Études philosophiques et linguistiques de pragmatique. Sous la direction d’Herman Parret. In: Revue philosophique de Louvain. Quatrième série, tome 83, n°59, 1985. pp. 460-461.

Armengaud Françoise, « Introduction », La pragmatique, Paris, Presses universitaires de France, «Que sais-je ?», 2007, 128 pages

TOTSCHNIG, Michael, «Éléments pour une théorie pragmatique de la communication» 9 août 2000, présenté dans le cadre de l’examen de synthèse du Doctorat conjoint en communication, Université du Québec à Montréal.

 

[1] J’ai tenté en vain de trouver un autre exemple qui traduisait autant de précision le problème. En vue d’être créatif, j’ai pensé aux anciennes croyances à l’égard de la guérison de certaines maladies qui pouvaient être efficaces et donner des résultats, mais s’avérer fausses en réalité, comme les causes du choléra que l’on associait au moyen âge à la respiration du «mauvais air», mais l’exemple n’est plus utilisé aujourd’hui et m’apparaissait moins adéquat.

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